Clément Molin
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@clement_molin
Quel est l’objectif de l’Ukraine, pays agressé ?
L’objectif de Kyiv a lui aussi beaucoup évolué. L’armée ukrainienne a été surprise par l’ampleur de l’offensive du 24 février, qui lui a fait perdre des territoires stratégiques, comme le sud du pays. L’objectif initial de survivre en tant qu’État a été largement assuré par les victoires à Kyiv, Kharkiv et Mykolaïv en 2022. Le second objectif, retrouver les frontières d’avant-guerre, a échoué en 2023 après l’échec des offensives ukrainiennes. Depuis cette date, les Ukrainiens ont pour objectif de tenir dans la durée, jusqu’à un essoufflement ou un retrait hypothétique des Russes.
Kyiv refuse de se retirer des territoires sous son contrôle, mais a déjà accepté l’idée de concessions territoriales, de manière non officielle, sur la Crimée, le sud et l’est du pays. Pour Kyiv, il est hors de question de capituler et de céder des territoires sans combat à Moscou, d’autant que les garanties de bonne foi de la Russie ont historiquement montré qu’elles n’étaient pas tenues. Dès lors, l’Ukraine a développé ses propres moyens pour que chaque km2 de territoire conquis coûte plus cher à Moscou, tout en essayant de toucher au maximum l’économie russe. Une contre-offensive hypothétique reste possible, mais il est encore tôt pour savoir si les Ukrainiens ont les moyens de la réaliser.
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Quel est l’objectif de l’Ukraine, pays agressé ?
L’objectif de Kyiv a lui aussi beaucoup évolué. L’armée ukrainienne a été surprise par l’ampleur de l’offensive du 24 février, qui lui a fait perdre des territoires stratégiques, comme le sud du pays. L’objectif initial de survivre en tant qu’État a été largement assuré par les victoires à Kyiv, Kharkiv et Mykolaïv en 2022. Le second objectif, retrouver les frontières d’avant-guerre, a échoué en 2023 après l’échec des offensives ukrainiennes. Depuis cette date, les Ukrainiens ont pour objectif de tenir dans la durée, jusqu’à un essoufflement ou un retrait hypothétique des Russes.
Kyiv refuse de se retirer des territoires sous son contrôle, mais a déjà accepté l’idée de concessions territoriales, de manière non officielle, sur la Crimée, le sud et l’est du pays. Pour Kyiv, il est hors de question de capituler et de céder des territoires sans combat à Moscou, d’autant que les garanties de bonne foi de la Russie ont historiquement montré qu’elles n’étaient pas tenues. Dès lors, l’Ukraine a développé ses propres moyens pour que chaque km2 de territoire conquis coûte plus cher à Moscou, tout en essayant de toucher au maximum l’économie russe. Une contre-offensive hypothétique reste possible, mais il est encore tôt pour savoir si les Ukrainiens ont les moyens de la réaliser.
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Quelle est la situation militaire du front ?
L’offensive russe en cours, que j’appelle régulièrement « Donbass 3 », a commencé en octobre 2023 dans la périphérie de Donetsk. En l’espace de trois ans, les Ukrainiens n’ont perdu le contrôle que de deux (bientôt trois) villes de plus de 50 000 habitants. Les années 2024 et 2025 ont été très difficiles pour Kyiv, notamment du point de vue des pertes militaires élevées, des premiers signes de craquellement du front et de la persistance des assauts russes. Néanmoins, il faut signaler une nette amélioration de la situation sur le front en 2026, avec des gains territoriaux qui sont les plus faibles depuis le début de cette offensive qui dure depuis trois ans, l’impossibilité pour la Russie d'exploiter les infiltrations sur le front et une reprise de l’initiative portée par les drones sur presque un tiers de la ligne de front, inversant progressivement la tendance dans plusieurs secteurs.
Les Ukrainiens peuvent capitaliser sur d’imposantes lignes fortifiées (des lignes d’obstacles qui requièrent un minimum de soldats pour les tenir) sur toute la ligne de front et disposent toujours d’une artillerie efficace, dont la portée donne un avantage dans la guerre des drones. La logistique ukrainienne repose, dans la profondeur opérationnelle, sur les trains et les camions et, à proximité du front, sur un mix de moyens blindés (résistants à plusieurs frappes de FPV), de véhicules civils (pick-up, quads…) et sur de plus en plus de drones terrestres, les UGV, qui mènent une partie de la logistique sur le front, économisant véhicules et vies humaines. Côté russe, cette logistique s’appuie, à proximité de la ligne de front, sur une grande majorité de moyens non blindés, principalement des voitures, des quads ou des pick-up, dont l’attrition est très importante (environ 1 500 véhicules frappés chaque semaine). À l’arrière, trains et camions contribuent à la logistique générale, ce qu'il faut garder en tête dans la stratégie ukrainienne actuelle de frapper ces moyens.
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Quelle est la situation militaire du front ?
L’offensive russe en cours, que j’appelle régulièrement « Donbass 3 », a commencé en octobre 2023 dans la périphérie de Donetsk. En l’espace de trois ans, les Ukrainiens n’ont perdu le contrôle que de deux (bientôt trois) villes de plus de 50 000 habitants. Les années 2024 et 2025 ont été très difficiles pour Kyiv, notamment du point de vue des pertes militaires élevées, des premiers signes de craquellement du front et de la persistance des assauts russes. Néanmoins, il faut signaler une nette amélioration de la situation sur le front en 2026, avec des gains territoriaux qui sont les plus faibles depuis le début de cette offensive qui dure depuis trois ans, l’impossibilité pour la Russie d'exploiter les infiltrations sur le front et une reprise de l’initiative portée par les drones sur presque un tiers de la ligne de front, inversant progressivement la tendance dans plusieurs secteurs.
Les Ukrainiens peuvent capitaliser sur d’imposantes lignes fortifiées (des lignes d’obstacles qui requièrent un minimum de soldats pour les tenir) sur toute la ligne de front et disposent toujours d’une artillerie efficace, dont la portée donne un avantage dans la guerre des drones. La logistique ukrainienne repose, dans la profondeur opérationnelle, sur les trains et les camions et, à proximité du front, sur un mix de moyens blindés (résistants à plusieurs frappes de FPV), de véhicules civils (pick-up, quads…) et sur de plus en plus de drones terrestres, les UGV, qui mènent une partie de la logistique sur le front, économisant véhicules et vies humaines. Côté russe, cette logistique s’appuie, à proximité de la ligne de front, sur une grande majorité de moyens non blindés, principalement des voitures, des quads ou des pick-up, dont l’attrition est très importante (environ 1 500 véhicules frappés chaque semaine). À l’arrière, trains et camions contribuent à la logistique générale, ce qu'il faut garder en tête dans la stratégie ukrainienne actuelle de frapper ces moyens.
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Quelle est la situation aérienne ?
La guerre aérienne est dominée par les drones, puisqu’aucun avion militaire n’a traversé la ligne de front depuis 2022. La Russie domine la guerre des airs avec ses frappes de missiles (directement prélevés sur la production, à raison de plusieurs centaines par mois), le largage de bombes guidées sur le front (7 000 à 8 000 FAB larguées par mois à 70 km du front, préservant les appareils) et les frappes de 6 000 à 8 000 drones d'attaque Shahed/Geran sur les arrières ukrainiens.
Pourtant, c’est bien Kyiv qui domine la guerre des drones, qui remplace progressivement la guerre aérienne. Sur le front, les nombreux équipages de drones FPV organisent une « kill zone » qui s’étend jusqu’à 20-30 km de la ligne de contact. À l’arrière, des milliers d’équipes d’intercepteurs chassent les drones russes d’attaque, de reconnaissance et les drones FPV avec leurs propres drones d’interception, un secteur en pleine expansion. L’Ukraine a récemment développé ses propres moyens de frappe à longue portée, avec des frappes quotidiennes sur les raffineries, les industries et les dépôts pétroliers et gaziers russes. Dans les territoires occupés, Kyiv mène par ailleurs une campagne depuis plusieurs mois avec des drones de moyenne portée, visant la logistique, les bases arrière et les ressources utilisées par l’armée russe pour le front. Depuis début mai, les camions russes sont systématiquement ciblés, de Louhansk à Marioupol et jusqu’à la Crimée, avec, d'après mon décompte actuel, 432 véhicules touchés sur les 45 derniers jours.
Cette guerre des drones est à l’avantage de l’Ukraine, qui dispose de meilleures technologies, notamment les drones bombardiers, les drones répéteurs pour allonger la portée des frappes, les intercepteurs, les drones mères et une meilleure connectivité liée en partie à Starlink. Côté russe, le manque de connectivité est cruel, empêchant l’utilisation massive des drones à voilure fixe loin du front et forçant l’utilisation des drones à fibre optique lorsque le brouillage ukrainien est trop élevé. Les Russes manquent aussi d’intercepteurs, de drones bombardiers et sont en retard dans la majorité des domaines liés aux drones, malgré l’avance qu’ils avaient auparavant.
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Quelle est la situation aérienne ?
La guerre aérienne est dominée par les drones, puisqu’aucun avion militaire n’a traversé la ligne de front depuis 2022. La Russie domine la guerre des airs avec ses frappes de missiles (directement prélevés sur la production, à raison de plusieurs centaines par mois), le largage de bombes guidées sur le front (7 000 à 8 000 FAB larguées par mois à 70 km du front, préservant les appareils) et les frappes de 6 000 à 8 000 drones d'attaque Shahed/Geran sur les arrières ukrainiens.
Pourtant, c’est bien Kyiv qui domine la guerre des drones, qui remplace progressivement la guerre aérienne. Sur le front, les nombreux équipages de drones FPV organisent une « kill zone » qui s’étend jusqu’à 20-30 km de la ligne de contact. À l’arrière, des milliers d’équipes d’intercepteurs chassent les drones russes d’attaque, de reconnaissance et les drones FPV avec leurs propres drones d’interception, un secteur en pleine expansion. L’Ukraine a récemment développé ses propres moyens de frappe à longue portée, avec des frappes quotidiennes sur les raffineries, les industries et les dépôts pétroliers et gaziers russes. Dans les territoires occupés, Kyiv mène par ailleurs une campagne depuis plusieurs mois avec des drones de moyenne portée, visant la logistique, les bases arrière et les ressources utilisées par l’armée russe pour le front. Depuis début mai, les camions russes sont systématiquement ciblés, de Louhansk à Marioupol et jusqu’à la Crimée, avec, d'après mon décompte actuel, 432 véhicules touchés sur les 45 derniers jours.
Cette guerre des drones est à l’avantage de l’Ukraine, qui dispose de meilleures technologies, notamment les drones bombardiers, les drones répéteurs pour allonger la portée des frappes, les intercepteurs, les drones mères et une meilleure connectivité liée en partie à Starlink. Côté russe, le manque de connectivité est cruel, empêchant l’utilisation massive des drones à voilure fixe loin du front et forçant l’utilisation des drones à fibre optique lorsque le brouillage ukrainien est trop élevé. Les Russes manquent aussi d’intercepteurs, de drones bombardiers et sont en retard dans la majorité des domaines liés aux drones, malgré l’avance qu’ils avaient auparavant.
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Quelle est la situation navale ?
La guerre navale a presque pris fin depuis que le Moskva a été coulé. L’Ukraine, qui ne dispose d’à peine aucune marine, réussit des frappes régulières sur les navires russes, qu’ils soient dans les ports ou en mer Noire. La grande majorité de la flotte russe est recluse dans les ports de l’est de la mer Noire. Avec des drones navals et aériens, les Ukrainiens ont établi une domination très importante sur toute la partie ouest de la mer Noire, avec des raids réguliers sur la partie est. Les drones navals permettent d’emporter des drones FPV qui mènent eux-mêmes des attaques en Crimée, notamment sur les aéroports et la logistique russe. La péninsule se retrouve de plus en plus isolée par les frappes sur les ponts, la destruction des dépôts de carburant et la large zone d’interdiction navale. La flotte fantôme russe est, quant à elle, régulièrement prise pour cible par les Ukrainiens.
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Quelle est la situation navale ?
La guerre navale a presque pris fin depuis que le Moskva a été coulé. L’Ukraine, qui ne dispose d’à peine aucune marine, réussit des frappes régulières sur les navires russes, qu’ils soient dans les ports ou en mer Noire. La grande majorité de la flotte russe est recluse dans les ports de l’est de la mer Noire. Avec des drones navals et aériens, les Ukrainiens ont établi une domination très importante sur toute la partie ouest de la mer Noire, avec des raids réguliers sur la partie est. Les drones navals permettent d’emporter des drones FPV qui mènent eux-mêmes des attaques en Crimée, notamment sur les aéroports et la logistique russe. La péninsule se retrouve de plus en plus isolée par les frappes sur les ponts, la destruction des dépôts de carburant et la large zone d’interdiction navale. La flotte fantôme russe est, quant à elle, régulièrement prise pour cible par les Ukrainiens.
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Quelle stratégie offensive russe ?
L’armée russe repose sa stratégie offensive sur l’infiltration. Le plus grand défi pour les forces russes est d’atteindre la ligne de front et d’y accumuler des hommes. Ensuite, ils mènent des infiltrations en profondeur avec pour but de localiser et d’éliminer les positions des dronistes et la logistique ukrainienne, pour provoquer un retrait. Cette stratégie a fait ses preuves en 2024 et en 2025, mais l’adaptation ukrainienne a conduit à des résultats plus limités en 2026. Les assauts mécanisés ont été presque complètement abandonnés, laissant la place à de longues marches de l’infanterie, se camouflant autant que possible avant d’arriver derrière la ligne de front.
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L’armée russe repose sa stratégie offensive sur l’infiltration. Le plus grand défi pour les forces russes est d’atteindre la ligne de front et d’y accumuler des hommes. Ensuite, ils mènent des infiltrations en profondeur avec pour but de localiser et d’éliminer les positions des dronistes et la logistique ukrainienne, pour provoquer un retrait. Cette stratégie a fait ses preuves en 2024 et en 2025, mais l’adaptation ukrainienne a conduit à des résultats plus limités en 2026. Les assauts mécanisés ont été presque complètement abandonnés, laissant la place à de longues marches de l’infanterie, se camouflant autant que possible avant d’arriver derrière la ligne de front.
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Quelle est la situation politico-économique de l’Ukraine ?
Kyiv bénéficie largement de l’aide européenne, notamment financière, lui permettant de compenser la mobilisation et l’exode de près de 10 millions d’Ukrainiens. La population des territoires sous contrôle du gouvernement est passée largement en dessous des 30 millions, avec une situation démographique catastrophique. Une grande partie de la jeunesse est à l’étranger et manque à l’économie du pays. La crise énergétique est également une réalité, même si la résilience, le patriotisme et l’engagement des Ukrainiens restent totaux. S’il y a des critiques du gouvernement et du président, notamment par rapport à la politique de mobilisation et au commandement sur le front, une majorité des Ukrainiens refuse les concessions et reste très largement hostile à la Russie.
Pour l’Ukraine, le plus dangereux n’est pas la guerre, mais l’après. Prédation économique, influence des militaires, traumatisme de la guerre, besoin de reconstruction, guerre politique, affaires de corruption, économie et démographie en berne : tous les facteurs sont dans le négatif. La solution ? Probablement une importante aide étrangère (européenne) pour reconstruire le pays et sans doute l’arrivée de milliers de travailleurs étrangers, ce qui posera des problèmes importants tant au niveau de l’intégration que du rejet de cette immigration par une majorité des Ukrainiens. La solution pourrait être de donner des contrats de travail à des États d’Asie de l’Est/Sud-Est ou d’Amérique latine, dont les travailleurs sont moins enclins à rester longtemps dans les pays où ils travaillent, sans problème de religion conflictuelle ou de risque pour la sécurité nationale.
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Kyiv bénéficie largement de l’aide européenne, notamment financière, lui permettant de compenser la mobilisation et l’exode de près de 10 millions d’Ukrainiens. La population des territoires sous contrôle du gouvernement est passée largement en dessous des 30 millions, avec une situation démographique catastrophique. Une grande partie de la jeunesse est à l’étranger et manque à l’économie du pays. La crise énergétique est également une réalité, même si la résilience, le patriotisme et l’engagement des Ukrainiens restent totaux. S’il y a des critiques du gouvernement et du président, notamment par rapport à la politique de mobilisation et au commandement sur le front, une majorité des Ukrainiens refuse les concessions et reste très largement hostile à la Russie.
Pour l’Ukraine, le plus dangereux n’est pas la guerre, mais l’après. Prédation économique, influence des militaires, traumatisme de la guerre, besoin de reconstruction, guerre politique, affaires de corruption, économie et démographie en berne : tous les facteurs sont dans le négatif. La solution ? Probablement une importante aide étrangère (européenne) pour reconstruire le pays et sans doute l’arrivée de milliers de travailleurs étrangers, ce qui posera des problèmes importants tant au niveau de l’intégration que du rejet de cette immigration par une majorité des Ukrainiens. La solution pourrait être de donner des contrats de travail à des États d’Asie de l’Est/Sud-Est ou d’Amérique latine, dont les travailleurs sont moins enclins à rester longtemps dans les pays où ils travaillent, sans problème de religion conflictuelle ou de risque pour la sécurité nationale.
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Quelle est la situation politico-économique de la Russie ?
La situation russe n’est pas aussi bonne ou mauvaise qu’on voudrait nous le faire croire. L’économie russe n’est pas en crise, mais elle a une différence non négligeable avec celle de l’Ukraine : l’impossibilité d’emprunter à l’étranger pour financer la guerre sans créer une dépendance néfaste envers la Chine. Le manque d’hommes et le prix des recrutements pèsent lourdement dans l’économie russe, tandis que les politiques économiques des dernières années commencent à atteindre leurs limites. Sur le plan social, la perte de 500 000 hommes (sans compter les blessés) est un traumatisme important pour de nombreuses régions, sans parler de l’exode d’une partie des plus hautes catégories sociales en 2022. La réalité en 2026, c’est que la Russie devient un État de plus en plus militarisé, ce qui a pu booster la croissance, mais cela délaisse les autres pans de l’économie, qui souffrent. N’oublions pas également que la guerre n’a pas permis de capitaliser sur la hausse des prix des hydrocarbures à cause des frappes ukrainiennes. Ces frappes touchent avant tout les réserves d’hydrocarbures et les moyens d’exportation, ce qui constitue un important manque à gagner temporaire.
Il est très difficile de savoir quelle est la situation politique interne en Russie, une bonne partie des chiffres étant truqués. On pourrait résumer la situation ainsi : la poursuite de la guerre en 2026 est un non-sens pour la Russie qui a plus à perdre qu’à gagner et met en danger le futur du pays…
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Quelle est la situation politico-économique de la Russie ?
La situation russe n’est pas aussi bonne ou mauvaise qu’on voudrait nous le faire croire. L’économie russe n’est pas en crise, mais elle a une différence non négligeable avec celle de l’Ukraine : l’impossibilité d’emprunter à l’étranger pour financer la guerre sans créer une dépendance néfaste envers la Chine. Le manque d’hommes et le prix des recrutements pèsent lourdement dans l’économie russe, tandis que les politiques économiques des dernières années commencent à atteindre leurs limites. Sur le plan social, la perte de 500 000 hommes (sans compter les blessés) est un traumatisme important pour de nombreuses régions, sans parler de l’exode d’une partie des plus hautes catégories sociales en 2022. La réalité en 2026, c’est que la Russie devient un État de plus en plus militarisé, ce qui a pu booster la croissance, mais cela délaisse les autres pans de l’économie, qui souffrent. N’oublions pas également que la guerre n’a pas permis de capitaliser sur la hausse des prix des hydrocarbures à cause des frappes ukrainiennes. Ces frappes touchent avant tout les réserves d’hydrocarbures et les moyens d’exportation, ce qui constitue un important manque à gagner temporaire.
Il est très difficile de savoir quelle est la situation politique interne en Russie, une bonne partie des chiffres étant truqués. On pourrait résumer la situation ainsi : la poursuite de la guerre en 2026 est un non-sens pour la Russie qui a plus à perdre qu’à gagner et met en danger le futur du pays…
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Qui gagne la guerre en Ukraine ?
Il est très clair que la guerre est un échec à partir du moment où l’objectif initial n’a pas été atteint. La guerre actuelle (depuis fin 2022) ne voit aucun gagnant, avec une progression limitée et des pertes importantes dans les deux camps. Si la guerre continue aujourd’hui, c’est avant tout parce que Vladimir Poutine croit encore qu’il peut obtenir quelque chose, que ce soit par la négociation (il a mis la pression sur Trump pendant un an pour obtenir le Donbass sans combat). Les Ukrainiens ont déjà dit de nombreuses fois qu’ils étaient prêts à un cessez-le-feu, sans donner des territoires qu’ils contrôlent actuellement à la Russie (on a vu qu’en trois ans, l’armée russe n’a pris que la moitié du Donbass qui n’était pas encore sous contrôle russe, ce qui donne raison aux Ukrainiens). La guerre se joue donc sur le tempo russe et s’arrêtera lorsque la Russie le décidera.
Merci d'avoir suivi, j'adapterai ce fil en article prochainement (traduit en anglais).
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Qui gagne la guerre en Ukraine ?
Il est très clair que la guerre est un échec à partir du moment où l’objectif initial n’a pas été atteint. La guerre actuelle (depuis fin 2022) ne voit aucun gagnant, avec une progression limitée et des pertes importantes dans les deux camps. Si la guerre continue aujourd’hui, c’est avant tout parce que Vladimir Poutine croit encore qu’il peut obtenir quelque chose, que ce soit par la négociation (il a mis la pression sur Trump pendant un an pour obtenir le Donbass sans combat). Les Ukrainiens ont déjà dit de nombreuses fois qu’ils étaient prêts à un cessez-le-feu, sans donner des territoires qu’ils contrôlent actuellement à la Russie (on a vu qu’en trois ans, l’armée russe n’a pris que la moitié du Donbass qui n’était pas encore sous contrôle russe, ce qui donne raison aux Ukrainiens). La guerre se joue donc sur le tempo russe et s’arrêtera lorsque la Russie le décidera.
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