Ibrahima Maiga
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Le 15 octobre 2026, Vassiriki Traoré, patron du renseignement ivoirien, est attendu au Mali. La visite pose question. Entre Bamako et Abidjan, la méfiance n'est jamais retombée, et un chef du renseignement ne se déplace pas pour une simple réunion technique. Il vient parler de sécurité, d'échange d'informations, de confiance, et des intérêts de son pays.

Le contexte a changé. Les FAMa ont monté en puissance, Kidal a été reprise, et Bamako s'est rapproché d'Alger sur le plan sécuritaire, dans l'intérêt du Mali et de l'AES. Abidjan chercherait-il à s'ajuster à ce nouveau rapport de force ? Ce rapprochement a tout d'une stratégie de circonstance, voire d'une perfidie déjà vue dans les épisodes diplomatiques précédents. Le camarade Président Ibrahim Traoré, président en exercice de l'AES, et ses homologues le savent : la confiance se prouve.

Avant d'ouvrir de nouveaux canaux avec Abidjan, Bamako ferait bien de regarder ce qu'ont donné les tentatives précédentes dans l'espace AES.

Le 19 avril 2024, à Niangoloko, les ministres de la Défense du Burkina Faso et de la Côte d'Ivoire se sont rencontrés pour relancer la coopération militaire, mieux gérer la frontière et coordonner la lutte contre le terrorisme. Il est pourtant prouvé et documenté que les terroristes trouvent le gîte et le couvert en territoire ivoirien.

Entre le Niger et le Bénin, même blocage. Il a fallu des rencontres politiques de haut niveau, des discussions techniques, puis de nouvelles tentatives de dialogue en 2026. Résultat : zéro pointé.

La rencontre de Bamako viendra clore ce cycle de rencontres-prétextes. L'AES sait que multiplier les contacts ne rétablit pas la confiance. La bonne volonté ne se décrète pas, elle se démontre par des actes.

Les griefs des autorités de l'AES contre Abidjan, tels qu'ils ressortent de leurs accusations et de leurs discours, vont bien au-delà d'un désaccord diplomatique.

Abidjan reste un partenaire privilégié de Paris et l'un des points d'appui de la présence militaire française en Afrique de l'Ouest. C'est à cette lumière qu'il faut relire l'audition du général Didier Castres, alors président du groupe GEOS, devant la commission de la Défense de l'Assemblée nationale française, le 7 février 2024. Il y plaidait pour une stratégie d'influence française plus discrète et proposait un camp multinational de préparation opérationnelle autour de Port-Bouët, de l'aéroport d'Abidjan et de Lomo Nord, présenté comme un moyen de préserver l'influence française en Afrique. D'où une question politique : jusqu'où peut aller une stratégie d'influence étrangère conduite depuis un pays voisin du Sahel, quand les relations entre les États concernés sont à ce point dégradées ? Pour les dirigeants de l'AES, des poignées de main ne suffiront pas à y répondre. Il faut des clarifications, des garanties, des actes vérifiables. Or il est documenté que la Côte d'Ivoire a fait sienne la stratégie française et revendique un leadership africain dans des projets de déstabilisation de l'AES qu'elle poursuit avec obstination.

Le voisin ivoirien devrait commencer par lever ses propres ambiguïtés avant de vouloir ouvrir de nouveaux canaux politiques ou militaires. Comment oublier les 49 militaires ivoiriens arrêtés à Bamako en juillet 2022, condamnés par la justice malienne, puis graciés en janvier 2023 par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta ? Abidjan parlait de soldats venus assurer un soutien logistique à la mission des Nations unies. C'étaient des mercenaires engagés dans un projet de déstabilisation du Mali.

En février 2022, un enregistrement audio présenté comme une conversation téléphonique entre Alassane Ouattara et Boubou Cissé, ancien Premier ministre malien, a fait scandale. On y entendait des propos critiques envers les autorités maliennes. Comment bâtir une confiance durable quand des soupçons de cette gravité continuent de peser entre deux États ?

Reste la guerre de communication.
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En Côte d'Ivoire, sur les réseaux sociaux comme sur certains plateaux de télévision, les commentaires hostiles aux pays de l'AES reviennent sans cesse. Abidjan semble être devenu un centre de fabrication et de relais de la désinformation contre la Confédération.

Le Mali appartient à la Confédération des États du Sahel avec le Burkina Faso et le Niger. Elle est née d'une volonté de souveraineté commune et d'un projet de défense collective : Alliance des États du Sahel en septembre 2023, traité confédéral en juillet 2024.

La sécurité du Mali se pense donc avec ses engagements dans l'AES. Bamako n'a pas à renoncer à toute initiative bilatérale. Mais une démarche qui touche à la sécurité collective doit être pesée au regard des intérêts des trois États.

Président en exercice de la Confédération, le camarade Président Ibrahim Traoré doit veiller au grain. La cohésion de l'AES, proclamée à chaque sommet, doit aussi se vérifier dans la conduite des affaires stratégiques.

Quand elle s'impose, une concertation entre États membres évite qu'une initiative bilatérale crée des malentendus ou entame la confiance mutuelle.

Vu le passif, les tensions qui durent et l'échec des rapprochements précédents, le scepticisme se comprend. Une visite de haut niveau peut ouvrir une porte. Elle ne garantit ni la sincérité des intentions ni la tenue des engagements.

Pour l'AES, un partenariat sécuritaire se construit sur la confiance, la réciprocité et le respect des intérêts de chacun. Les sourires officiels et les communiqués n'y suffisent pas.
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Camarades,

L’adversité ne doit pas nous rendre imprudents. La colère ne doit pas remplacer notre jugement. L’enthousiasme ne doit pas nous dispenser de réfléchir. Et la fidélité à une cause ne doit jamais nous faire oublier que la meilleure manière de la servir consiste à contribuer à sa réussite concrète.

L’histoire n’accorde pas toujours la victoire à ceux qui crient le plus fort. Elle retient souvent ceux qui ont su garder leur sang-froid lorsque tout les invitait à perdre la raison, ceux qui ont compris qu’une œuvre historique exige davantage que des émotions : elle exige de la méthode, de la patience, de la cohérence et une volonté capable de résister à l’usure du temps.

Camarades, nous devons être plus difficiles à distraire, plus difficiles à diviser et surtout plus exigeants envers nous-mêmes. Que chaque provocation rencontre notre discernement. Que chaque difficulté renforce notre capacité d’analyse. Que chaque désaccord nous rappelle la nécessité de revenir aux principes, aux faits et aux objectifs.

Restons concentrés. L’histoire avance, le temps juge et les actes finissent toujours par révéler la véritable valeur des engagements.
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Face à la situation pour le moins préoccupante à Paris, nous appelons les manifestants au calme et les forces de l’ordre à la retenue. La France, qui a longtemps donné des leçons de maintien de l’ordre et de démocratie au reste du monde, a désormais l’occasion de nous montrer comment elle applique ses propres conseils. Nous suivons la démonstration avec beaucoup d’intérêt.
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Camarades, je vais peut-être mourir pour ça mais…

Quand certains transforment toute phrase en attaque contre le chef de l’État, ils le font exprès. Le but est simple : empêcher que la réflexion aille plus loin. Une fois le débat réduit à « pour ou contre Traoré », plus personne ne pose les questions qui comptent vraiment.

La détermination du chef de l’État n’est pas en cause. Elle est claire, constante, et elle ne se discute pas. Ce qui se discute, c’est ce qui se glisse à côté, sous couvert de service, d’amitié et de réseau.

Je n’ai pas commencé cette lutte hier. Ces réseaux, je les ai vus opérer sous d’autres régimes. J’ai tenu. J’ai survécu. Ce n’est pas une déclaration. C’est un fait.

Le Lions Clubs International n’est pas une invention française. Il est né le 7 juin 1917 à Chicago, fondé par Melvin Jones, homme d’affaires américain initié franc-maçon en 1906 à la loge Garden City n° 141. Le siège est resté aux États-Unis, aujourd’hui à Oak Brook dans l’Illinois. La devise est « We Serve ». Les statuts interdisent la politique partisane et la religion sectaire. Le premier club burkinabè est apparu en 1958 à Bobo-Dioulasso, sous la Haute-Volta coloniale. Depuis, le District 403 A3 compte environ 70 à 80 clubs et près de 2 000 membres.

En octobre 2008, le président international Albert F. Brandel, Américain élu cette année-là, est passé à Ouagadougou du 9 au 11. Il arrivait après le forum européen de Cannes. Les Lions locaux ont organisé une soirée-gala. À l’époque, Blaise Compaoré tenait encore le pays. Brandel a visité des structures soutenues par les clubs et prononcé des discours sur le service.

Cette visite s’inscrit dans une séquence plus longue : les clubs ont toujours recruté dans les milieux qui détenaient les leviers économiques et administratifs.

Filippe Savadogo, ambassadeur à Paris de 1996 à 2007, puis ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication sous Compaoré jusqu’en 2011, était président-fondateur du club Ouagadougou Lumière. Yacouba Barry, ancien ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, a participé à la création du club Ouagadougou Étoile en 1991 et a occupé plusieurs fonctions avant de devenir gouverneur du District.

Les effectifs comptaient régulièrement des ministres, des hauts fonctionnaires et des chefs d’entreprise formés sous les régimes précédents. Après la chute de Compaoré en 2014 et sous Roch Kaboré, les clubs ont continué. Ils ont créé de nouvelles structures, maintenu leurs projets et conservé leurs liens avec les mêmes cercles.

Les liens avec la France ne datent pas des jumelages récents. Le premier club s’installe en 1958 à Bobo-Dioulasso, alors que la Haute-Volta reste sous administration française. Les élites locales qui rejoignent le lionisme à partir de cette date sont celles qui ont été formées dans le système colonial et qui conservent des attaches avec Paris.

En 1962, les Lions de France créent les Centres internationaux francophones. Leur objet déclaré est d’organiser des rassemblements de jeunes francophones des cinq continents pour développer la connaissance de la culture française. Ces centres existent toujours. Ils fonctionnent comme un relais linguistique et culturel.

Dans les années 1990 et 2000, sous Compaoré, le poids de ces réseaux se mesure au nombre de ministres et d’ambassadeurs qui y siègent. Filippe Savadogo, en poste à Paris pendant onze ans, n’est pas un cas isolé.

Les clubs français financent directement des projets au Burkina : Montceau-les-Mines et plusieurs clubs de la zone 103 Centre-Est, avec l’appui de la LCIF, portent le centre de formation pour 250 filles à Dourou entre 2008 et 2012. Des chartes de jumelage sont signées, comme celle entre le club de Dax et celui de Koudougou en 2011.

L’allégeance n’est pas écrite dans un texte. Elle se lit dans la continuité des personnes : les mêmes milieux qui géraient les relations avec la France sous Compaoré restent organisés dans les mêmes clubs après 2014 et sous Kaboré.

Le poids se mesure aussi aux flux.
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Les fonds, les formations au leadership, les rencontres internationales passent par des structures dont le centre de gravité francophone reste en France, même si le siège mondial est américain.

Le problème n’est pas le don de riz ou la paire de lunettes. Le problème est la structure qui se maintient.

Un réseau international dont le siège est aux États-Unis, dont les fondateurs étaient liés à la franc-maçonnerie américaine, qui recrute durablement dans la classe politique et économique formée sous Compaoré et Kaboré, et qui entretient des partenariats financiers et culturels avec des clubs français, conserve des canaux.

Ces canaux ne disparaissent pas avec un changement de régime. Ils permettent à des gens qui ont des habitudes, des contacts et des intérêts formés sous l’ordre précédent de rester organisés, de se reconnaître et d’agir ensemble, même quand le discours officiel a changé.

Dans un pays qui a chassé les forces françaises, rompu des accords et réorienté ses alliances, ce type de structure pose une question concrète : qui décide de ce qui est « service » et selon quels modèles ?

Les fonds arrivent souvent via des clubs et des fondations extérieures. Les formations au leadership se font dans un cadre défini à Oak Brook. Les rencontres internationales créent des loyautés qui ne passent pas par les institutions burkinabè.

Quand des ministres d’hier et des opérateurs économiques d’hier siègent dans les mêmes clubs que ceux qui financent des projets depuis la France, le réseau devient un lieu où se perpétuent des relations qui n’ont pas été rompues.

Nous n’avons pas le droit à l’erreur.

Chaque organisation importée qui rassemble l’ancienne classe dirigeante, qui maintient des liens financiers et culturels avec des pays dont les intérêts ont longtemps pesé sur le nôtre, et qui se présente comme apolitique doit être regardée pour ce qu’elle est : un instrument possible de continuité.

La charité est réelle. Les réseaux aussi. Les deux ne s’annulent pas.

Quand il s’agit de la souveraineté, le sentiment n’a pas de place. On mesure les faits, on regarde qui se rassemble, d’où viennent les ressources, et on agit en conséquence.

Le chef de l’État tient la ligne. Ceux qui ont déjà traversé ces réseaux savent qu’ils ne s’arrêtent pas d’eux-mêmes.
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Camarades,

En novembre 2023, Emmanuel Macron s’est rendu au Grand Orient de France. Devant les francs-maçons, il a déclaré : « La franc-maçonnerie fut l’atelier de la République », avant d’appeler à « reprendre la bataille des idées ». Ainsi, Macron insiste sur la nécessité de préserver le lien entre la République française et la franc-maçonnerie. En mai 2025, il a franchi une nouvelle étape en se rendant à la Grande Loge de France. Il y est revenu sur le rôle historique des loges dans la transmission et la défense de l’idéal républicain français.

Ces deux visites, dans un contexte où la France a vu son influence contestée sur le continent africain, rappellent une réalité fondamentale : l’influence d’un État ne repose pas uniquement sur ses soldats, ses bases militaires ou ses accords diplomatiques. Elle repose aussi sur les idées qu’il diffuse, les élites qu’il côtoie et les réseaux qu’il entretient.

La création de l’Alliance des États du Sahel, devenue la Confédération de l’AES, traduit une volonté de redéfinir les rapports avec les partenaires étrangers. Mais lorsqu’une puissance perd du terrain sur les plans militaire et économique, elle cherche à réadapter ses méthodes, à déplacer ses points d’appui et à réinvestir davantage les espaces où son influence demeure possible.

La franc-maçonnerie constitue une piste sérieuse à examiner. Emmanuel Macron l’a bien compris. Lors de la Révolution française de 1789, les francs-maçons ont participé aux débats intellectuels et politiques. Sous la IIIe République française, des réseaux maçonniques ont également été impliqués dans une opération de renseignement concernant des membres de l’armée, à l’origine du scandale de l’affaire des fiches.

Les réseaux maçonniques entretiennent des relations avec des obédiences africaines, dans un univers où se côtoient parfois des personnalités issues de la politique, de l’administration, de la diplomatie, de l’armée, de la justice, des affaires et du monde intellectuel. Cette présence dans les milieux dirigeants confère à ces organisations une capacité relationnelle importante, susceptible de faciliter certaines activités opérationnelles et la collecte de renseignements stratégiques. En effet, ces réseaux peuvent rapprocher des personnes disposant d’un pouvoir de décision, faciliter la circulation des idées et entretenir des relations au-delà des changements de régime.

Il faut également s’intéresser à l’histoire de la coopération militaire française avec l’Afrique. Les formations, les échanges entre officiers, les partenariats techniques et les liens avec les milieux politiques et les cercles du pouvoir ont créé des relations susceptibles de perdurer bien après le départ des soldats. Il est d’ailleurs documenté que la franc-maçonnerie a longtemps exercé une influence dans les hautes sphères de l’armée française.

Dans ces conditions, les visites de Macron dans les loges, alors que la politique française en Afrique est de plus en plus contestée, prennent une dimension politique importante. Les discours du président français sur la « bataille des idées » ou sur le fait que « la franc-maçonnerie fut l’atelier de la République » donnent une résonance particulière à l’hypothèse d’une opération d’influence coordonnée en Afrique. En effet, la franc-maçonnerie française a historiquement défendu l’assimilation coloniale, c’est-à-dire le rapprochement des populations colonisées avec la culture, la langue, les institutions et les valeurs françaises, en considérant ce modèle comme celui auquel elles devaient se conformer. C’est bien là l’un des fondements de la politique française en Afrique : l’assimilation coloniale.

Pour les pays de l’AES, le risque réside dans une influence extérieure qui ne se manifeste plus nécessairement par la pression diplomatique ou militaire, mais par des relations durables et des relais d’opinion au sein des hautes sphères administratives, politiques, économiques et intellectuelles.
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Il s’agit d’une influence susceptible de reprendre le vocabulaire du nouveau régime tout en cherchant à en affaiblir insidieusement les fondements et les choix. Le défi, pour les États de l’AES, consiste à comprendre les réseaux qui traversent leurs institutions.
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Camarades,

Le premier Lions Club d’Iran ouvre à Téhéran en 1956, avec l’appui de la famille royale. Manouchehr Eghbal, ancien Premier ministre, en est l’un des dirigeants. Dans les années 1960 et 1970, les clubs recrutent surtout dans la haute bourgeoisie, chez des diplomates et des hommes d’affaires, et les réunions se tiennent souvent en anglais. En 1979, la révolution renverse le Chah. Les nouvelles autorités décrivent l’association comme une organisation maçonnique liée aux États-Unis. Les avoirs sont gelés, les locaux saisis, les archives confisquées. L’interdiction devient légale en 1980. Les anciens dirigeants restés en Iran sont arrêtés ou écartés de la fonction publique, au motif de liens avec des puissances étrangères.

À Cuba, le club de La Havane naît en 1927. Dans les années 1950, il figure parmi les plus grands du mouvement dans le monde, et ses membres financent des hôpitaux, des écoles et des cliniques ophtalmologiques. Fidel Castro prend le pouvoir en janvier 1959 et laisse d’abord les clubs fonctionner, à condition qu’ils suivent les priorités du gouvernement. L’économie est nationalisée, Cuba se rapproche de l’URSS, et une grande partie de la bourgeoisie, d’où venaient la plupart des membres, part pour Miami. La baie des Cochons a lieu en avril 1961. Humberto Sorí Marín, ancien commandant rebelle passé à l’opposition et membre du Lions Club, est arrêté, jugé par un tribunal militaire pour conspiration avec la CIA, puis fusillé. Les locaux sont confisqués, Lions Clubs International rompt ses liens avec l’île, et l’activité cesse.

Dans les deux cas, l’interdiction suit un changement de régime. Dans les deux cas aussi, l’accusation porte sur les liens avec l’étranger, alors que les clubs affichaient un but caritatif. On peut lire ces histoires de plusieurs façons : méfiance fondée ou procès d’intention, organisation apolitique rattrapée par la politique, ou les deux à la fois.

Pour qui vit au Sahel, la question reste ouverte. Qu’est-ce qui distingue une association de service d’un réseau d’influence, et qui en décide ? Que devient une association internationale quand les rapports entre un État et ses partenaires étrangers changent ?
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À nos frères et à nos enfants venus de la Côte d'Ivoire pour poursuivre leurs études dans leur pays, dans NOTRE PAYS.

Nous savons que les premiers moments ne sont pas toujours aisés. S’installer dans un nouvel environnement suppose nécessairement un temps d’adaptation, une nouvelle familiarisation avec les réalités du quotidien et, parfois, quelques efforts pour trouver ses repères.

Une fois cette étape franchie, vous découvrirez, au-delà des difficultés du commencement, toute la singularité de notre pays, cette terre qui est aussi celle de vos parents et de vos ancêtres.

Si vous avez choisi de revenir sur la terre de vos origines pour y poursuivre vos études, ce n’est certainement pas un hasard. Avant vous, d’autres ont fait ce chemin. Par leur expérience, leur attachement à cette terre et leur témoignage, ils sont devenus de véritables ambassadeurs, suscitant chez d’autres le désir de renouer avec leurs racines et de revenir à leur tour.

C’est ainsi que se construit, de génération en génération, cette chaîne de transmission et de rapprochement.

À chaque génération revient la responsabilité d’apporter sa contribution. Nous sommes convaincus que vous, qui venez de nous rejoindre, sauriez vous inscrire dans cette dynamique et devenir, à votre tour, des ambassadeurs de ce lien indéfectible avec la terre de vos origines.

Revenir aux sources, c’est aussi renouer avec une histoire, retrouver une identité et contribuer à écrire l’avenir.
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LA VICTOIRE A CENT PÈRES, LA DÉFAITE EST ORPHELINE.

Parfois, il suffit de regarder ce qui se passe ailleurs pour comprendre comment fonctionnent vraiment la politique, les alliances et les relations humaines.

Les États-Unis viennent de nous en faire la démonstration, et nous n'avons rien payé pour la voir.

Musk a dépensé des fortunes pour soutenir Trump et les républicains. Il an mis son argent, son influence et son réseau au service de leur victoire. Il ne s’est pas contenté de suivre le mouvement de loin. Il a pris une place importante dans l’aventure, notamment avec le DOGE, dont les méthodes et les conséquences ont créé de nombreuses controverses et fragilisé politiquement l’administration Trump.

Mais aujourd’hui, après les défaites républicaines aux élections, quelque chose de révélateur se produit. Musk commence à supprimer certains de ses messages dans lesquels il appelait les Américains à voter républicain. Pourtant, il avait encore investi des sommes considérables pour soutenir ces mêmes candidats.

De son côté, le vice-président JD Vance met lui aussi en avant les choix politiques de l’administration Trump pour expliquer les mauvais résultats. Pourtant, il fait lui-même partie de cette administration. Trump ne gouverne pas seul. Les décisions se prennent dans un environnement où plusieurs personnes ont leur mot à dire et portent une part de responsabilité.

C’est là que se trouve la leçon.

Quand tout va bien, tout le monde veut être associé à la réussite. Chacun rappelle ce qu’il a fait, ce qu’il a apporté et les sacrifices qu’il a consentis. Les photos circulent, les déclarations de fidélité se multiplient, et personne ne veut manquer le rendez-vous de la victoire.

Mais quand les choses tournent mal, le décor change. Ceux qui étaient au premier rang commencent parfois à prendre leurs distances. Certains effacent leurs traces, d’autres cherchent à expliquer qu’ils n’étaient pas responsables. Et ceux qui hier partageaient les mêmes décisions peuvent soudain avoir des lectures complètement différentes de l’histoire.

C’est une leçon de géopolitique gratuite pour nous.

Il faut comprendre que les intérêts peuvent rapprocher des personnes qui, au fond, ne partagent ni les mêmes convictions ni la même vision de l’avenir. Une alliance peut être sincère à un moment donné, mais elle peut aussi reposer sur des intérêts qui disparaissent dès que la situation change.

C’est pourquoi il faut faire attention à ceux qui vous entourent lorsque tout vous réussit. Ne prenez pas toutes les présences pour des preuves de fidélité. Ne confondez pas les applaudissements avec l’engagement. Et surtout, ne mesurez jamais la solidité d’une alliance au nombre de personnes qui se pressent autour de vous lorsque vous êtes au sommet.

Le véritable test arrive quand les difficultés commencent. Quand les résultats ne sont plus là, quand les critiques se multiplient, quand les portes se ferment et que même ceux qui vous défendaient hier commencent à regarder ailleurs.

C’est dans ces moments que vous découvrez qui était attaché à votre personne, qui croyait réellement à votre combat et qui était simplement intéressé par ce qu’il pouvait en tirer.

Je le dis souvent : vous ne connaîtrez jamais véritablement vos amis lorsque tout va bien. Dans la prospérité, les compagnons sont nombreux. Dans l’adversité, les visages deviennent plus faciles à compter.

Les vrais alliés ne sont pas forcément ceux qui crient le plus fort pendant la victoire. Ce sont ceux qui ne changent pas de discours lorsque la victoire semble loin, ceux qui ne vous abandonnent pas simplement parce que votre proximité ne leur apporte plus rien.

Parce qu’au fond, soutenir quelqu’un quand il gagne ne demande pas toujours beaucoup de courage. Mais rester à ses côtés quand il n’y a presque plus d’espoir, quand il n’y a plus rien à gagner et que tout le monde vous conseille de prendre vos distances, voilà ce qui permet de reconnaître la loyauté.

La victoire rassemble les intérêts. L’épreuve révèle les convictions.
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Et parfois, il faut perdre beaucoup pour découvrir ceux qui n’étaient jamais venus pour gagner quelque chose.

Ainsi parla le sable…

Ibrahima Maiga
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